mercredi 10 octobre 2018

Bernar Venet, "Les années conceptuelles 1966-1976"


« Un coup de dés jamais m'abolira le hasard », écrivait Mallarmé dans un poème où les mots jouaient de leur disposition et les phrases s’énonçaient par fragments. En ôtant le d à la fin de son prénom, Bernar Venet pensait-il déjà à ce concept d'un jeu où l’aléatoire se mesurait aussi bien à lui-même qu'à la rigueur d'une règle ?
« Les années conceptuelles 1966-1976 » illustrent parfaitement ces expériences de sens et de non sens qui furent au cœur des préoccupations de l'artiste. Il confronte alors le hasard à la logique mathématique et les équations à l'espace. Pour s'attaquer aux conventions de l 'art français de son époque, il se réfère aussi bien à Marcel Duchamp qu'au formalisme américain. Partant de ce principe d'incertitude et de mise en accusation du sens, comme le fit en un autre temps Mallarmé, Bernar Venet renie tout subjectivisme et rompt avec les tentations romantiques toujours à l’œuvre dans l'Ecole de Paris.
L'exposition du MAMAC s'intéresse donc à cette première période de l'artiste qui réfute toute portée esthétique ou symbolique dans sa pratique artistique pour la confronter à sa forme seule, à sa relation au plein et au vide. Aussi Bernar Venet, bien avant les gigantesques sculptures en acier corben qui feront sa réputation aux quatre coins du monde, s'intéresse-t-il au concept même de l’œuvre et de l'idée qu'elle sous-tend jusqu'à laisser celle-ci exclure la notion même de créateur. L'artiste est alors pluridisciplinaire, tour à tour plasticien, musicien, poète et même créateur de ballet. Mais la recherche mathématique et sa réflexion sur l'art et son rapport au minimalisme ne cesseront d'être le centre de gravité de son travail.
Quittant la France, il s'installe à New York en 1966 à la suite d'Arman dont il sera un moment l'assistant. Dès lors il délaisse ses premiers travaux marqués par le noir, le goudron, le charbon et les matériaux pauvres tels le carton. Loin de l’expressionnisme qui domine encore en Amérique, ses rencontres avec Donald Judd, Sol LeWitt, Robert Smithson ou Michael Heizer, l'orientent vers un minimalisme de plus en plus radical. L’œuvre tend à se dématérialiser. S'il s'empare du principe tautologique énoncé par Stella : « Ce que vous voyez est ce qui est à voir », paradoxalement il revendique davantage « un art du contenu plus que de la surface ». En effet, ces dix années conceptuelles sont pour Bernar Venet l'objet d'un processus d 'épuration des formes et de la matière à partir d'une recherche autour des sciences exactes, de l'astrophysique et des mathématiques. Autant d'approches pour défaire les paramètres qui définissent l'objet. Celui-ci se dissout désormais dans la pensée et atteint la pureté du concept lorsqu'il n'est plus plus que réductible à des courbes, à des dessins industriels, à des diagrammes mathématiques.
Tout se réduit alors à des lois essentielles, à des plans, à une esthétique de la pensée. En 1968 il expose déjà dans les galeries les plus influentes de Manhattan, chez Léo Castelli ou la Paula Cooper Gallery. En collaboration avec des chercheurs de Columbia, il créée une performance au Judson Church Theater. Puis il s'impose un retrait de la scène artistique, revient à Paris où il continuera sa réflexion sur l'art à la Sorbonne et dans plusieurs universités européennes. En 1976 Bernar Venet retourne à New York. Une nouvelle aventure commence alors avec l'éclosion des sculptures de lignes indéterminées.

La Strada, N°301

MAMAC, Nice du 12 octobre 2018 au 13 janvier 2019





jeudi 27 septembre 2018

L'oeuvre d'Yves Hayat à Grasse et Draguignan


                       

    Dans « La part maudite », Georges Bataille affirmait qu’en parallèle à l'activité humaine consacrée à la conservation de la vie et à la continuation de l'activité productive, il existait « une seconde part représentée par les dépenses improductives, le luxe, les deuils, les guerres. » A cette sphère il faudrait adjoindre l'art et c'est aussi de cela que traite l’œuvre d'Yves Hayat.
                       Les deux expositions qu'il présente simultanément à Grasse et à Draguignan  révèlent ces deux versants -luxe et guerre- auxquels l'art confère une forme particulière. Dans la crypte de la Cathédrale de Grasse, l'artiste s'empare de la peinture classique et de sa relation au religieux pour marquer son décalage mais aussi son ancrage avec le monde contemporain par le biais de la violence et de la guerre. Dans la Chapelle de l'Observance de Draguignan, son œuvre est liée à l'industrie du luxe. Mais elle s'inscrit dans l'écriture d'un même champ étymologique où luxe, luxure et lucre  se mêlent; elle se formule dans cet espace dans lequel aucune morale n'a prise, sur ce terrain vague où les mauvaises herbes côtoient les plus belles fleurs. Il revient alors à l'artiste de lui donner forme en maniant cette glaise où la beauté se conjugue à l'horreur, là où l'humanité semble à jamais absente. Guerre et violence ne cessent de hanter aussi ce monde-là. Georges Bataille associait la dépense au sacrifice quand Hayat en restitue l'image « luxuriante » mais comme sur du papier glacé: Image de cette collision tragique entre la beauté formelle, l'argent dont elle n'est pas indemne, et les catastrophes humaines qui en découlent.
                   Yves Hayat vient de la publicité, c'est à dire de la « séduction » qui, étymologie encore, nous conduit "hors du chemin"... Mais l'art ne se soucie guère de cette morale là quand il porte la prémonition de nouveaux chemins en friche comme des territoires à conquérir pour un monde meilleur. Encore faut-il exhiber les stigmates de tous ces objets liés au désir, à la mode, à l'accumulation somptuaire et à ce qui peut en résulter comme horreur.
                          Hayat travaille à partir de photographies de l'industrie du luxe qu'il associe à celles de la guerre et des ruines. L'artiste maîtrise tous les codes de la publicité, ceux d'un message simple s'appuyant sur un langage de masse et la perfection du support. Mais ici l'objet de luxe est taraudé par l'idée de luxure ; il est poussé dans ses retranchements, déformé, acculé à l'extrême de son possible jusqu'à menacer de sombrer sur le versant de la cruauté. Sous la peau séduisante des images, un enfer nous menace.

La Strada N°301

Crypte de la cathédrale de Grasse jusqu'au 15 novembre

Chapelle de l'Observance à Draguignan jusqu'au 8 décembre





mardi 25 septembre 2018

Un cabinet atomique, intervention à la Villa Cameline


                             
Céline Marin

                                  La tonalité et le concept d'une exposition se dévoilent souvent par son titre. De même que sa scénographie, d'autant plus lorsque celle-ci se confie au cadre très particulier de la Maison abandonnée (Villa Cameline). Ce titre donc, «Un cabinet » atomique» décrit en lui-même ce que les salles précieusement défraîchies d'une maison surannée nous proposent: il porte en lui l’indéfini du déterminant de ce nom qu'il désigne. Car ce «cabinet » est bien, dans sa désuétude, un monde oublié mais aussi ce lieu où un émiettement de sens se produirait au terme d'une déflagration. A moins que sa polysémie ne renvoie aussi à ces aréopages de spécialistes de domaines variés, tous concentrés sur une même tâche. Car cette exposition ambitionne de briser les cadres, de rassembler des artistes, des scientifiques ou des écrivains pour jouer des interférences, voire des débordements, qui se formulent quand les propos des uns se confrontent aux propositions plastiques des autres. On songe alors à l’extraordinaire contemporanéité de Shakespeare écrivant dans Hamlet, « Il suffit d'un atome pour troubler l’œil et l'esprit. » Atome au sens des matérialistes grecs comme dans celui de la menace apocalyptique du monde nucléarisé, il y a sans doute tout cela dans cette exposition.
                                  Les peintures de Jean-Simon Raclot sont rongées par des couleurs flasques qui sont des lichens étouffant le paysage. Quant à Arnaud Rolland, il peint l'atome dans son angoissante frontalité selon les codes de la peinture classique comme si le temps s'était aliéné à l'horizon de la catastrophe finale. Anne Favrez et Patrick Manez nous proposent l'image d'un « paysage résiduel », image nue du chaos quand Céline Marin dessine les décombres hallucinés de nos jeux et de nos rêves, le jour après...
                             Impossible d’établir une synthèse pour ces contributions de cette trentaine d'artistes, musiciens, médecins, architectes, ingénieurs et autres qui, chacun, apporte son regard, son interprétation et, parfois, une vision plus positive par le recours à la science. Car l'intérêt d'une telle exposition, c'est aussi de nourrir un débat dans un autre contexte que celui du champ médiatique ou politique. Il s'agit alors de subvertir la simple argumentation par le choc de la rationalité et de l'imaginaire. Et de montrer comment ces flux d'idées et d'images, de matières et de mots, produisent aussi bien des déconstructions que des potentialités de formes. Les images de science-fiction sont toujours les figures d'un pressentiment. A nous de les faire mentir en saisissant ces œuvres comme un travail sur l'image et sur l'avenir qu'elle porte. Leur seule rédemption serait de déchirer le voile du malheur en réconciliant, pour reprendre les mots de Shakespeare, « l’œil et l'esprit ».

La Strada, N°300

Avec Sophie Braganti - écrivain (Nice) • Eric Caligaris - musicien (Nice) • Clémentine Carsberg - artiste (Marseille) • Baptiste César - artiste (Paris) • Thomas Clapier - ingénieur (Nice) • Peter Cusack - musicien, membre du CRiSAP (Creative Research in Sound Arts Practice, Londres) • Anne Favret et Patrick Manez - photographes (Nice) • François Fincker - médecin, médecine nucléaire (Nice) • Eric Laurin - directeur artistique aux éditions Lombard (Nice - Bruxelles) • Antoine Loudot - artiste (Monaco) • François Remion - architecte (Nice) • Céline Marin - artiste (Nice) • Olivier Marro - journaliste, critique art & cinéma (Nice) • Aurélien Mauplot - artiste (Saint-Frion) • Jürgen Nefzger - photographe (Paris - Nice) • Tadashi Ono - photographe (Tokyo - Arles) • Sidonie Osborne Staples - artiste (Strasbourg - Lille) • Maxime Parodi - artiste (Nice) • Jean-Simon Raclot - artiste (Nice) • Arnaud Rolland - artiste (Berlin) et la participation d'Ernest Pignon Ernest (Paris - Nice )

 Villa Camenine, Nice, jusqu'au 28 octobre


                                                       Jean-Simon Raclot

lundi 24 septembre 2018

Martin Caminiti "Tête en l'air et sans mobile apparent"


                                 

                                     Rien de plus indéfinissable qu'un objet de Martin Caminiti. Parler d'objet c'est encore ici se résigner à le nommer ainsi quand il oscille entre dessin et sculpture, ombre et représentation, insecte ou végétal. Car cet objet semble se dérober à lui-même et au temps dans lequel il s'inscrit. Autant dire qu'il le traverse, incongru, presque immatériel, qu'il malmène ou structure l'espace qui le contient et qu' il témoigne ainsi d'une manière d'approcher ce que pourrait être une œuvre d'art : une trouée, une échappée dans le temps et l'espace, une hypothèse de sens pour déjouer les atours séduisants mais illusoires du réel.
                            Aveuglé par l'image d'un présent autant obsessionnel qu' éternel, l'homme de la consommation se consume au fur et à mesure qu'il érige l'éphémère comme signe du vivant jusqu'à utiliser des pratiques dites artistiques pour dénier à l'art toute possibilité de produire des utopies et des formes nouvelles. C'est à dire tout ce qui se joue en dehors de l'espace et d'un temps quand il se déchire de sa seule actualité. Giorgio Agamben en 2008, dans « Qu'est-ce que le contemporain ? » écrivait : « Celui qui appartient véritablement à son temps, le vrai contemporain, est celui qui ne coïncide pas parfaitement avec lui ni n'adhère à ses prétentions, et se définit, en ce sens, comme inactuel. » L'art de Martin Caminiti est inactuel car il détourne l'usage des choses, les mythologies de l'utilitaire pour les traduire en icônes incertaines de notre temps. Fausses idoles mais créations magiques pour un siècle aux rêves perdus. Sont-ce des libellules, ces fils tendus sur du verre, ces filaments aériens qui dessinent des flexions contre un mur ou vers le ciel ? Ou bien figurent-ils quelque motif végétal qui se serait échappé de la gangue de l'industrialisation, d'une bicyclette ou d'une canne à pêche?
                            Rythme, douceur, poésie, regard dédaigneux sur le temps, humour sur l'ironie et l'obsession matérielle. Martin Caminiti est l'artiste du détachement. On peut espérer que la légèreté de ses constructions incertaines épouse les courbes d'une calligraphie nouvelle pour dire autrement le monde, loin de l'art des carrefours ou de la finance, loin de l'asservissement au grondement des frustrations haineuses des uns et des autres... On peut aussi rêver.

Galerie Matarosso, Nice, jusqu'au 6 octobre 2018



vendredi 21 septembre 2018

Satie 152, Marcel Bataillard, Frédérik Brandi, Kristof Everart


"Faut-il (encore) célébrer le 152ème anniversaire de la naissance d'Erk Satie?"

                     Le musicologue Roland de Condé écrivait : «  Erik Satie vécut emmitouflé dans son ironie ». Et  celle-ci demeura la seule ligne directrice d'un personnage chaotique, toujours en mouvement, anticipant les avant gardes et ne se fixant nulle part. Musicien d'ameublement comme il se plaisait à se définir, il écrivait, dessinait et l'artiste de cabaret repoussait dans l'ombre le créateur de génie. Mystique mais communiste, misérable mais mondain, celui qui fréquenta les plus grands restera « l'inconnu d'Arcueil».
                A cette ironie, il fallait répondre par la grand pompe d'un 152ème anniversaire ! Le collectif créé à cette occasion par Marcel Bataillard, Frédéric Brandi et Kristof Everart sous l’appellation de « guignol's band » interprète dans une joyeuse cacophonie le rapiècement de quelques éléments biographiques ou artistiques qui éclairent, prolongent et questionnent l’œuvre de Satie. Qu'en reste-il aujourd’hui? Et qu'en est-il désormais de la notion d'avant garde ? A mi-chemin entre l'exposition et le spectacle, cette expérience se garde bien de répondre à ces questions mais s'amuse à accentuer les éléments disparates que l'artiste apportait en se jouant de tout questionnement. L'humour se conjugue ainsi à l'absurde mais toute la réussite de ce Guignol's band repose sur cette prémonition d'un rythme autre, d'un processus de pensée différent, d'une esthétique à rebours des codes déjà formulés. Dans leur sauvage modestie, nos artistes préfigurent de nouvelles formes. Tous les chemins sont bons pour une telle aventure burlesque et on les défrichera à l'aide de créations numériques, d'installations sonores, de dessins, et d'assemblages hétéroclites. Ici l'on ne s'interdit rien et le grand écart est la seule règle jusqu'à la déchirure. On rit et le rire est libérateur.

Villa Arson, Nice jusqu’au 14 octobre 2018






mercredi 5 septembre 2018

Catherine Issert , Sainte Roseline, Les Arcs


                             Le domaine de Sainte Roseline est l'un de ces vignobles du Var dans lesquels les sculptures se mêlent à la pierre et aux teintes contrastées d'une nature glorieuse. Des œuvres imposantes, dont celles de Sosno et de Farhi s'incrustent sur cette terre et font résonner vignes et oliviers dans toute leur intensité.
  
  

                             Mais Sainte Roseline c'est aussi une merveilleuse chapelle qui, depuis 1329, conserve le corps de la Sainte revêtue d'habits sacerdotaux. Un bas relief de Giacometti offert par Marguerite Maeght en 1976, illustre le "miracle des roses". On y admire une mosaïque de Chagall représentant le repas des anges. Quant aux vitraux de Bazaine et d'Ubac, ils répandent dans ce lieu de méditation une lumière flamboyante. 





                            Cet été le domaine s'est associé à Catherine Issert pour présenter quelques artistes qui se sont par ailleurs exprimés dans le cadre  de la première Biennale de Saint Paul de Vence: Vincent Barré, Vincent Mauger, David Nash, Bejamin Sabatier et Vladimir Skoda. La simplicité des œuvres qui jouent sur la géométrie  et de sa relation aux matériaux confère au lieu une  puissance particulière. A voir et à vivre jusqu'au 30 septembre!









Infos septembre N°2








Dans le cadre des expositions «Plateforme», la galerie Catherine Issert invite Alexandre Dufaye à présenter quatre séries de photographies récentes. 
ENTRE-DEUX
Dix-huit photographies, pensées comme une trame essentielle. Stimuler l’imagination de celui qui regarde, étirer le regard du réel à l’infini, saisir un monde familier jusqu’à l’abstraction, Alexandre Dufaye se plie à cet exercice avec une discipline révélatrice de la perfection qu’il souhaite voir en toute chose. En éditeur qui scrute l’image, l’analyse et la décompose, il saisit au fil des années ce qu’un travail séquencé apporte à une narration. En photographe de l’intime, il scelle des instants de vérité. Le noir est une absence. Le temps suspendu au départ de son fils, à son envol de jeune adulte sont autant d’images – ponctuation où l’emportent la douceur, les gestes simples et les objets qui rythment le quotidien. Entre le fils et le père, la chronique photo tisse un lien aux contours qui s’estompent. À l’image de ce portrait flou, l’imprécision choisie sature le souvenir d’un temps achevé. Voile pudique sur une construction faite de noirs denses et de profondeurs mates et bleutées, l’espace-temps devient texture. Une densité picturale, autant de fragments et variations d’une rigueur esthétique qui filtre l’instantané.
CRESCENDO
Sept photographies se jouent de la représentation. Arles au loin, rencontre avec un paysage expérimental saturé de photographie. Le flou de mise au point abolit l’époque et le temps. L’oblitération de l’image dissout le pont comme on gomme un rituel de passage.
CROISÉE
Dix photographies. Le jour se lève et dessine un contour. Observer, cadrer l’espace comme une œuvre ouverte et quelle que soit sa géographie, en extraire une densité. L’ombre noire synthétise une forme de silence visuel. Le vocabulaire du photographe est contenu dans sa lumière occultée. Moment d’éternité.
PAYSAGE FRANCAIS
Dix images défilent. Autonomes dans leur capacité à représenter un paysage, elles s’étirent éphémères à la vitesse du rail, jusqu’à ce que les formes deviennent signes. Saisies dans un instantané qui refuse le constat, traverser la France avec la fugacité de l’instant a un goût de bout du monde.
Cécile Vaiarelli, 2018



Du 15 septembre au 13 octobre
GALERIE CATHERINE ISSERT






Galerie Depardieu, Nice
Cécile Andrieu  "Envers et contre tout" du 7 au 29 septembre.



mardi 28 août 2018

Théâtre, "La chouette albinos"



Si, dans sa nature même, le théâtre tend à s'apparenter à un huis clos, Loïc Langlais déchire ici l'espace en créant un no man's land solaire où se joue un drame à ciel ouvert dans l'écho de la tragédie grecque. Mais si la pièce bruisse de tous ces sentiments qui de tout temps séduisent ou accablent l'humanité, elle est pourtant traversée de ces instants étranges où le spectateur est amené à rire de cette naïveté qui s'empare des personnages. Naïveté de nos rêves, de nos espoirs sans objets, de nos amours sans horizon. Alors la douleur n'est rien d'autre que cette grimace qui fait rire quand elle renvoie l'image de nos propres cicatrices. « La chouette albinos » est cette mise en abyme de l'espoir et du désespoir, d'un homme et d'une femme hantés par le naufrage de leur existence. Deux êtres qui voudraient croire à un futur mais que tout ramène au déterminisme d'un passé détruit. Nous voici donc confrontés à un hors temps caniculaire sur une terre aride où des rails mènent nulle part. La rencontre fortuite d'une prostituée en bout de course et d'un voyageur avec sa vie en lambeaux pour tout bagage. Michèle Marie Jacquetty et Loïc Langlais parviennent à moduler toutes les nuances d'un texte riche où l'émotion, les sentiments se conjuguent avec l'humour. Entre la tragédie antique et le théâtre de Tennessee Williams, la pièce trouve sa personnalité et s'inscrit de façon originale parmi les créations actuelles.

Théâtre de l'eau vive, 10 Boulevard Carabacel, Nice 
20, 21, 22 septembre à 21 h
23 septembre à 16 h

Res 04 93 27 10 49 / 07 68 83 65 34 

Infos septembre 2018

Maison Abandonnée [Villa Cameline]
43, avenue Monplaisir | 06100 Nice | T +33 (0)6 60 984 988
www.villacameline.fr
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UN CABINET ATOMIQUE
une exposition collective
21 septembre – 26 octobre 2018
vernissage jeudi 20 septembre à 18h30
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Sophie Braganti - écrivain (Nice) • Eric Caligaris - musicien (Nice) • Clémentine Carsberg - artiste (Marseille) • Baptiste César - artiste (Paris) • Thomas Clapier - ingénieur (Nice) • Peter Cusack - musicien, membre du CRiSAP (Creative Research in Sound Arts Practice, Londres) • Anne Favret et Patrick Manez - photographes (Nice) • François Fincker - médecin, médecine nucléaire (Nice) • Eric Laurin - directeur artistique aux éditions Lombard (Nice - Bruxelles) • Antoine Loudot - artiste (Monaco) • François Remion - architecte (Nice) • Céline Marin - artiste (Nice) • Olivier Marro - journaliste, critique art & cinéma (Nice) • Aurélien Mauplot - artiste (Saint-Frion) • Jürgen Nefzger - photographe (Paris - Nice) • Tadashi Ono - photographe (Tokyo - Arles) • Sidonie Osborne Staples - artiste (Strasbourg - Lille) • Maxime Parodi - artiste (Nice) • Jean-Simon Raclot - artiste (Nice) • Arnaud Rolland - artiste (Berlin) et la participation d’Ernest Pignon Ernest (Paris - Nice)
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LA NUIT DE L'ATOME
vendredi 12 octobre à 19h30
conférence de Gilles Bogaert - physicien en physique nucléaire (CNRS, Nice)
suivie de la projection de La Bombe de Peter Watkins (1966_ 50mn)


Une proposition de la Maison Abandonnée [Villa Cameline]
Ouvert du 21 au 28 septembre de 15h à 18h30
Puis sur rendez-vous jusqu’au 26 octobre
helene.fincker@villacameline.fr. T +33 (0)7 83 82 05 86
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Villa Arson
Vernissage exposition
Concerts & performances
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 SAVE THE DATE 

VERNISSAGE | EXPOSITION
 VENDREDI 14 SEPTEMBRE 2018 A 18h 
 Concerts & performances




« FAUT-IL (ENCORE) CÉLÉBRER LE 152ème ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE D’ERIK SATIE ? »

Guignol’s band > Festival Manké > Marcel Bataillard, Frédérik Brandi & Kristof Everart

Exposition d’ameublement incluant performances, installations, concerts, diffusions et médiations

À l’occasion de l’anniversaire d’Erik Satie, le collectif Guignol’s band propose, dans le sillage de l’inconnu d’Arcueil, le projet SATIE152, conçu pour mettre à l’épreuve l’héritage des avant-gardes. 
Embrassant plusieurs disciplines, il peut être considéré comme une « exposition d’ameublement », au même titre que la musique d’ameublement inventée par Satie.
Marcel Bataillard, Frédérik Brandi et Kristof Everart (Guignol’s band) y présentent photographies, créations numériques, dessin dans l’espace et installation sonore, une suite d’œuvres inédites invitant le visiteur à s’aventurer dans l’intimité d’Erik Satie.


Lors du vernissage, vendredi 14 septembre à 18h 
une série de concerts et d’événements en forme de performances aura lieu sur la terrasse de la Villa Arson, constituant le second volet du Festival Manké 2018 (après les master-class et concert de juin au Conservatoire de Nice) : première Gnossienne adaptée pour cornemuse et autres avatars, concert Satie par les élèves du Conservatoire, improvisations sportives et musicales, hommages aux chiens, au football, aux philosophes, par Guignol’s band et ses invités : Daniel Boulle, Didier Bozzi, Henri Roger, Fabienne Volto…

Atelier 14 / Terrasse supérieure
Exposition du 14 septembre au 14 octobre 2018 
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 EXPOSITIONS EN COURS 
Jusqu'au 4 novembre
Los Angeles, les années cool
Judy Chicago
avec Marcia Hafif, John McCracken, Robert Morris, Bruce Nauman, Pat O’Neill et DeWain Valentine

Commissariat : Géraldine Gourbe

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Jusqu'au 16 septembre
La Vallée de l'étrange / Promotion Villa Arson 2018
Exposition des 27 jeunes artistes de la Promotion 2018 de l’École nationale supérieure d’art.
Sharon Alfassi, Arnaud Arini, Mouna Bakouli, Raphaël Barrois, Maya Berezowska, Quentin Blomet, Luca Bonanno, Lucile Brun, Julien Carpentier, Johan Christ-Bertrand, Paul Deberre, Lara Dirani, Jules Dumoulin, Romain Gauthier, Basile Ghosn, Gaby Huneau, Dong Eeg Kim, Sori Kim, Young-Chan Ko, Marion Lamare, Elvire Ménétrier, Louise Mervelet, Ariioehau Michaud, Jean-Mickaël Thomas, Lucas Vidal, Jeunghae Yim, Janna Zhiri
Commissariat : Bertrand Ivanoff / Coordination : Frédéric Clavère

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2eme volet de l'exposition à voir à la Galerie de la Marine jusqu'au 30 septembre

 JOURNEES DU PATRIMOINE 
Samedi 15 et dimanche 16 septembre de 14h à 18h
"Visitez un monument du XXe siècle"
 Programme 

 INFORMATIONS PRATIQUES 
Expositions ouvertes  tous les jours, sauf le mardi, de 14h à 18h.
Entrée libre


 VILLA ARSON 

































ERNST FUCHS &
BEATRIZ MORENO

UN
DIALOGUE
INTEMPOREL
EXPOSITION DU 15 SEPTEMBRE AU 7 OCTOBRE 2018
Vernissage
15 septembre 2018 
de 11 heures à 19 heures
Castel  Caramel
1049 Route de Sospel - 06500 Castillon 
Moving Art
Véronique de Lavenne
06 88 09 93 62
contact@moving-art.fr







VOS RENDEZ-VOUS EN SEPTEMBRE AU MAMAC


Visites commentées tous les samedis à 15h en français et à 16h en anglais (sauf 15 et 16 septembre), à partir de 3 personnes.
Vous avez encore quelques semaines pour découvrir l’exposition d’Irene Kopelman
« Cosmogonies, au gré des éléments » pour le jeune public (durée 1h). Réservation obligatoire.
Tarif individuel : 6 € (gratuit pour les moins de 13 ans) + entrée du musée.
Informations et réservations : mediationmamac@ville-nice.fr


Dimanche 9 septembre à 11 h
Visite buissonnière avec Sarah Vanuxem, Maîtresse de conférences en droit à l'Université de Nice Sophia Antipolis
"De l'art au droit de la nature". 
"Au cours de cette visite, nous nous attacherons à découvrir le sens proprement juridique de certaines œuvres d'art, à montrer comment d'autres font écho à de récentes innovations du droit de l'environnement, et à expliquer comment l'écologie interroge pareillement artistes et juristes sur les relations qu'entretiennent les humains avec leurs milieux de vie.  Chemin faisant, nous évoquerons les notions de préjudice écologique pur, d'obligation réelle environnementale, de semences libres, de quotas d'émission de gaz à effet de serre, de communautés d'habitants, ou bien encore, de personnification de la nature". Réservation obligatoire.
Tarif individuel : 6 € (gratuit pour les moins de 13 ans) + entrée du musée.
Renseignements et réservation : mediationmamac@ville-nice.fr


Mercredi 12 septembre, à 18h30 à l’auditorium du MAMAC
Conférence de Thomas Schlesser, Directeur de la fondation Hartung-Bergman
Des artistes du sublime (Friedrich, Turner…) aux créateurs contemporains (Richard Long, Pierre Huyghe…), nombreuses ont été les expressions plastiques de la relativité de l’être humain : alors que la Renaissance avait placé l’Humanité comme élément central de l’Univers, des peintres, sculpteurs, photographes ont cherché depuis le 18e siècle  à montrer au contraire sa position marginale au sein du cosmos. Une simple vision négative et apocalyptique ? Non : qu’il s’agisse des artistes de Barbizon, de l’arte povera ou de cinéastes actuels, c’est aussi une promotion du vivant et de l’écologie qui se joue dans ce nouveau regard.


Samedi 15 et Dimanche 16 septembre 2018
Journées européennes du patrimoine : « l’art du partage »

Samedi 15 septembre 2018, 15h – 18h
11h visite des expositions « Cosmogonies, au gré des éléments », Irene Kopelman et « Timeline » de Michel Blazy
14h30 « Ateliers Extra-muros ! » atelier en plein air
15h & 16h Lecture théâtralisée du Manifeste Hôtel Chelsea d’Yves Klein par le comédien Félicien Chauveau
15h à 18h « RIEN / Rendre l’histoire habitable » par l’artiste Mathilde
14h à 19h Projection de courts métrages de Momoko Seto, sur une proposition de l’association Héliotrope.
Nocturne, 18h-21h30, Hommage à Yves Klein :
19h & 20h Lecture théâtralisée du Manifeste Hôtel Chelsea d’Yves Klein par le comédien Félicien Chauveau
20h Performance musicale live par le musicien Benjamin Fincher sur les terrasses du musée
18h30-20h30 Médiation Flash salle Klein
21h allumage du Mur de Feu d’Yves Klein

Samedi 16 septembre 2018, 10h – 18h
11h visite des expositions « Cosmogonies, au gré des éléments », Irene Kopelman et « Timeline » de Michel Blazy.
14h « Art et Sciences, l’art du partage », Mini-conférences, ateliers, vidéo, photos, échange par L’institut de Biologie Valrose.
14h30 « Ateliers Extra-muros ! » atelier en plein air.
À partir de 15h : « 12 œuvres, 12 amis » avec la participation des Amis du MAMAC
15h « Ateliers Extra-muros ! » atelier en plein air.
15h30 & 16h30 « Du Sable, de l’Air et de l’Eau » Concert de hang par le percussionniste Daniel Ciampolini.
17h  Performance musicale « Masque de Sommeil » Proposition sonore sur les terrasses par le musicien Benjamin Fincher.
14h à 19h Projection de courts métrages de Momoko Seto, sur une proposition de l’association Héliotrope.










Du jeudi 5 juillet au dimanche 23 septembre
Exposition Corps à corps

Dans les salons de la somptueuse Villa Domergue, une sélection de productions d’artistes contemporains sont présentées. Les œuvres exposées entament un dialogue avec les peintures de Jean-Gabriel Domergue autour du thème du corps féminin.

En créant La Parisienne (cette femme longiligne aux lèvres fines et au cou allongé) dans les années 1920, le peintre Jean-Gabriel Domergue a popularisé une certaine représentation de l’anatomie féminine.
Près d’un siècle plus tard, quel est le regard des artistes contemporains sur ce corps ? L’exposition cannoise fait se rencontrer les œuvres de Jean-Gabriel Domergue et celles de jeunes artistes qui expriment, chacun à leur manière, l’évolution de ce regard. Peintures, dessins, sculptures, photographies illustrent ce thème.




PENSÉES SAUVAGES DOMUS HORTUS

 Une exposition du groupe no-made l’association imaginée par Florent Testa et Stéphanie Lobry.
 EXPOSITION D’ART CONTEMPORAIN DU 7 AU 28 SEPTEMBRE 2018

 LE VENDREDI 7 SEPTEMBRE VERNISSAGE À PARTIR DE 17H.

 LE DIMANCHE 16 SEPTEMBRE : 15H / DANSE DE LA CIE ANTIPODES 16H / PERFORMANCE DE CAMILLE FRANCH-GUERRA ET EVAN BOURGEAU. Caterina Aicardi, Maria Amos, Louis Dollé, Camille Franch-Guerra et Evan Bourgeau, Florence Guillemot-Vilain, Michèle Kleijnen, Laurine Landry, Mauricio Masoli, Églé Vismanté, Anne-Laure Wuillai & la Cie Antipodes - Danse en espace public Jardin du Roc Fleuri Cap d’Ail - Sentier du bord de mer 23 Avenue du Dr Onimus Tous les jours de 13h à 19h - entrée 2€. 

 Arriver dans ce monde inconnu, comment appréhender, apprivoiser, définir, penser cet espace extérieur ? Défini comme une île, le jardin de la villa le Roc Fleuri de Cap d’ail se veut pour cette année comme un miroir reflétant une pensée universelle : la pensée sauvage. 
Une découverte qui invite les artistes à répertorier, classer, organiser ou simplement flâner et tenter de revisiter le jardin à leur manière. C’est bien ce jardin domestique et sauvage qui est le sujet de l’exposition dans cet environnement naturel local juxtaposé à la villa. Dans une construction volontaire de connexions entre tous ces éléments, nous parlons ici de prolonger le réel pour interroger le jardin comme un espace à penser qu’il faut peut-être domestiquer ou au contraire « déclôturer ». (extrait de l’appel à projets Pensées Sauvages) 
Cette année, dix artistes ont été séléctionné pour exposer dans le jardin en front de mer de la Villa du Roc Fleuri. Laurine Landry à vu l’exposition Pensée Sauvages comme le présage de son projet en cours d’habiter la méditerranée à bord d’un bateau collaboratif naviguant. Elle nous propose une installation en lien avec le vent et l’eau, un véritable instrument éolien qui jouera sa pluie artificielle à la limite du tautologique. Florence Guillemot-Vilain souligne d’un bricolage surréaliste le lien peut-être entre la domestication de l’eau et nos plus hirsutes pensées. Là où Maria Amos provoque elle un lien brisé entre le papier des livres pleins de nos mots et le bois des arbres où se percutent l’histoire des hommes et celle de la nature. Michèle Kleijnen rejoint Anne-Laure Wuillai dans l’élaboration respective d’une sculpture objet mettant pour l’une le végétal comme fond d’une pensée planifiée du jardin et pour l’autre l’herbe comme support chirurgicalement déplacé d’un déjeuner célèbre. Les visiteurs pourront manquer de fouler du pied gauche les étranges petits sujets en céramique de Louis Dollé et le souvenir des premiers jardins de nos petites enfances avec l’installation au coton de Caterina Aicardi comme une peinture déréglée ou se mêle faibles pousses et pigment forts. FordLandia univers dystopique de Mauricio Masoli marquera les lisières du jardin de son regard à la fois fantasque et historique à travers l’installation d’une jungle noir issue des relations complexes entre la compagnie Ford et le Brésil. Le duo d’artiste Camille Franch Guerra et Evan Bourgeau nous aide à voir le jardin comme une vaste zone, un terrain de jeu marqué de leurs regards croisés, poétiques et indomptables. Pour finir Eglé Vismanté propose une installation sonore qui nous renvoie à l’attitude à tenir au cas où tout partirait en fumée. Et la Cie Antipodes dansera sa création Animale. 

Jardin du Roc Fleuri Cap d’Ail - Sentier du bord de mer 23 Avenue du Dr Onimus Contacts et liens no-made l’association : www.no-made.net ww.no-made.eu no-made.lassos@gmail.com
 Commissaire d’exposition : Stephanie LOBRY - 0622656512 - slobry06@gmail.com Florent TESTA - 0601066140 - florent.testa@gmail.com Communication ville de Cap d’ail : Floriane Sejallon - 0492105944 - communication@cap-dail.fr SAUVAGE DOMUS HORTUS PENSÉE