Fondation Carmignac, Île de Porquerolles
Du 25 avril au 1er Novembre 2026
Ça commence comme dans une chanson quand tout se termine en rimes de plaisir, de sourire et de désir. Et chaque chapitre de l'exposition, dans un clin d’œil au titre de Gainsbourg, s'ouvre sur une autre mélodie hédoniste, celle des Beach boys, des Beatles ou d'Ottis Redding. Et comme pour un miroir de l’île de Porquerolles, il y a le ciel, le soleil et la mer. Les vagues des années 60 et leur esprit de liberté déferlent ainsi à travers les œuvres d'une cinquantaine d'artistes quand ceux du Pop Art rencontrent dans une relation critique les créateurs d'aujourd'hui.
La peinture pense les mots à travers les formes et les couleurs. Ici elle rayonne en teintes acidulées et en courbes parfaites comme pour dessiner un monde idéal qui, peut-être, pourrait désormais se lire comme celui d'un paradis perdu. Au rythme des salles traversées, deux lectures se croisent, celle du rêve américain, de la consommation, des loisirs et de l'artifice qui se heurte à une critique sous-jacente de cet univers factice quand l'idéal de liberté se confronte aux injustices et aux discriminations. Ne reste que cette énergie qui, de ce flash back sur les années pop, nous entraîne sur les rivages incertains de notre quotidien. Le «Sunset» d'Andy Warhol s'ajoute au sourire iconique de Marylin - souvenir peut-être de l'aplat des dorures byzantines de sa jeunesse religieuse et de l'attachement à sa mère... Et ce cercle lumineux répond à une toile d'Etel Adnan qu écrivait «J'ai planté le soleil au milieu du ciel comme un drapeau». Ailleurs un assemblage de verre coloré se déploie dans une œuvre d'Olafur Eliasson pour une tentative d'en capter toute la lumière. Une mystique se développe ainsi dans les plis du plaisir avec Hockney, Wesselman ou Lichtenstein tandis que les photographies de Martin Parr diffusent leur ironie mordante au cœur de nos plages ensoleillées...
Car tout n'est pas si rose en ce monde quand une sculpture hyperréaliste de Duane Hanson réduit un surfer à son seul objet bariolé et à une figure du vide. Les nanas gonflables de Niki de Saint Phalle flottent dans un ciel improbable tandis que Marjorie Strider se joue des stéréotypes en accentuant jusqu'au ridicule les codes du désir. Chaque œuvre oscille entre fascination et rejet et l'on circule parmi Martial Raysse, Evelyne Axell ou Alain Jacquet comme sur autant de territoires où désir et rêve se jouent de la réalité. Car tout n'est peut-être que château de sable... C'est sur ce sol mouvant que nous entraîne Théo Mercier. Sur un espace central de la villa, il construit une immense plage parmi des vagues de formes organiques et de coquillages percées de fer à béton. Le sable de la disparition exhibe ses blessures sous un soleil rageur, Histoire de vanité qui s'inscrit dans le récit de l'histoire de l'art.















