François Morellet et Virginie Barré
Espace de l'Art Concret, Mouans-Sartoux
Jusqu'au 15 novembre 2026
L'hommage rendu à François Morellet donne l'occasion à l'E.A.C de Mouans-Sartoux de présenter des œuvres de l'artiste répondant à l’esprit de celles de la Collection Albers-Honneger. Figure emblématique de l'abstraction géométrique et de l'art conceptuel, il a su concilier la rationalité la plus pure avec l'humour et l'autodérision. Ses lignes, ses carrés, ses néons lumineux invitent à une danse visuelle, une expérience intellectuelle et esthétique.
En contrepoint de cette logique implacable dans un esprit ludique, Virginie Barré nous immerge dans les méandres de l'intime et du vivant avec son «Absolue de rose». Empruntant à l'univers olfactif la métaphore d'une essence pure, concentrée, distillat d'une œuvre construite depuis les années 90, elle évoque la rose à travers la couleur qui irrigue l'ensemble de ce parcours mais aussi la fleur, « la rose de mai», celle de Mouans- Sartoux. Elle incarne ici le passage du temps, la mémoire et l'empreinte obstinée du vivant.
Voici un entrelacs de rêve et de réalité avec de l'installation, du dessin, de la sculpture ou de l'image animée où le merveilleux côtoie sans cesse le quotidien. S'inspirant du Bauhaus, du mobilier artisanal, des formes élémentaires et des couleurs pures, elle parvient à nous immerger dans un univers où le quotidien se fond dans l'imaginaire. Un film, «Le rêve géométrique», témoigne de cette relation avec les collections du lieu mais aussi s’imprègne des accents de la comédie musicale avec des relents de nostalgie, des vagues de douceur inquiète quand la vie s'écoule... Vie en rose dans des lueurs de bleu layette pour écrire la fiction comme le miroir jamais éteint de nos désirs et de notre enfance.
Pourtant l’œuvre s'accroche au réel. Elle s'énonce par l'attention accordée aux matières, aux vêtements, aux objets qu'elle façonne aux limites de l'abstraction et, souvent, dans un clin d’œil à l'histoire de l'art. Il y a des colliers en terre cuite et des «Sentinelles de la joie». On devine des citations - Jacques Demy, Sonia Delaunay ou la bande dessinée. Les disciplines artistiques se confondent et le vocabulaire de l'artiste rappelle les sonatines du roman «Moderato Cantabile» de Marguerite Duras quand les accords de piano de l'enfant s'accordent aux parfums des fleurs que la femme au même instant recueille... Ce n'est plus la recherche de l'absolu de Balzac mais bien alors la vie qui alors s'accroche à un parfum, à l'invisible de la beauté, à «l'Absolue» comme essence d'une présence dans son évanescence ou sa disparition.















