dimanche 17 mai 2026

«Couleurs d'un siècle»

 


Musée d'Histoire et d'Art de Bormes

Bormes-les-Mimosas

Jusqu'au 7 février 2016

                                                        Bénézit, Atelier en plein air, 1905


La lumière n'éclaire pas seulement les collines, elle façonne les regards. Dès la fin du XIXe siècle, Bormes-les-Mimosas et ses alentours devient un refuge pour des artistes venus rechercher la respiration d'un paysage. A l'heure où les villes industrielles s'étendent et bruissent de modernité, le village offre le silence des pins, la douceur des saisons et cette lumière méditerranéenne qui semble dissoudre les contours du réel.

L'arrivée de la ligne de chemin de fer Hyères-Saint Raphaël ouvre la voie à une aventure artistique inattendue. Très vite peintres et voyageurs s'y retrouvent, séduits par la puissance des couleurs, la transparence du ciel et le subtil équilibre du ciel et de la mer. En 1891, Henri-Edmond Cross s'installe à Bormes où il explore les principes du néo-impressionnisme et les relations de la lumière et de la couleur. Au même moment, Jean Peské découvre la Méditerranée et s'installe dans le village en 1910. où il peindra aussi bien la nature que la vie quotidienne des paysans et des pêcheurs. Théo Van Rysselberghe s'installe près de là au Lavandou. Emile-René Ménard y cherche une harmonie symboliste nourrie d'antiquité tandis que, plus tard, Emmanuel-Charles Bénézit ou Roberta Gonzalès prolongeront ici cette métamorphose de la nature à travers l'acte créatif. Tous découvrent dans le paysage borméen un atelier à ciel ouvert, un lieu ou l'on peint autant la lumière que le temps qui passe.

Dans cette aventure, le paysage n'est jamais un simple motif. Il se confond à une expérience intérieure. Les artistes abandonnent peu à peu les conventions académiques pour saisir l'instant – une ombre glissant sur les mimosas, un reflet inédit sur la mer, la poussière dorée d'un sentier. La couleur s'impose, les formes se simplifient, les contrastes s'amplifient, la toile diffuse l'espace des sensations. Bormes conserve désormais dans ce Musée la mémoire de cette effervescence et de superbes peintures et dessins. Derrière les façades baignées de soleil comme dans le creux de ses ruelles et jardins, vibre encore l'écho de ces peintres qui avaient compris que la lumière était une matière vivante. Et que la peinture serait son langage.


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