mercredi 26 juin 2019

Ben

                       Ben et ses invités, "La vie est un film"
                        Le 109, Nice, jusqu'au 19 octobre


Loin de se confiner dans sa tour d'ivoire, Ben a toujours voulu fédérer toutes les énergies créatrices, toutes les actions et performances en relation avec le public et les autres artistes. A 83 ans, le voici toujours en mouvement et, sur les 2000 m2 du « 109 » à Nice, il propose, non pas une exposition au sens conventionnel, mais plutôt un événement qui tend à montrer que « La vie est un film ».
Un film qui se dévide comme le flux du temps avec des images qui remontent des débuts de l'artiste vers la fin des années 5O et qui déferlent jusqu'à aujourd'hui, toujours avec la même pugnacité, le même sens de l'ironie et du doute. Sur un ring au milieu de l'espace, Ben se confronte à son environnement et, refusant toute hiérarchie, il présente une cinquantaine d'artistes, certains connus, mais aussi des amis ou des anonymes. De ce flot d'images ou d'aphorismes, c'est toute la diversité de l'art qui surgit en désordre comme si cet amas d'expériences et d'individualités constituait en lui-même une installation liée à une série de performances comme Ben excelle à en produire.
« L'art c'est la vie » ne cessait de proclamer Fluxus lorsque Ben rencontra Maciunas en 1963. Ce qui signifiait qu'au-delà de l’œuvre, l'art était partout et qu'il s'associait ainsi au non-art. Vie, art et film s'accordent alors dans ce jeu étrange mais plein de vitalité que cet événement révèle. L'art étant partout, chacun peut en revendiquer une séquence et, à la suite de Duchamp, tout le monde peut se prétendre artiste. Attitude iconoclaste qui, paradoxalement, tout en désacralisant l’œuvre, conduisit parfois à une autre forme d'élitisme. Pourtant ce geste nous permit de prendre conscience que cette énergie de l'art pouvait imprégner tous les actes du quotidien. Ben intervient précisément dans ce champ. Par l'outrance d'une écriture simple et répétitive comme par ses dessins aussi sûrs qu'hésitants, il signe la vie comme performance, dans un style reconnaissable, quotidien et populaire. On n' y décéléra aucune autre vérité que ce doute qui effleure le vivant, cette certitude que rien n'est certain au-delà du flux qui nous emporte.
On y croisera donc quelques célébrités dont Arman, Filiou, Armleder, Yoko Ono ou Combas et de jeunes artistes telles que Anne Laure Wuillai pour sa poésie de l'eau ou Laurie Jacquetty pour ses dessins du quotidien aux traits sensibles. Nous voici plongés dans le bouillonnement de la vie : Cela s'appelle la liberté.




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