mercredi 25 février 2015

KKF "Fleurs d'amour"

Hôtel Windsor, Nice



Rue Molière à Nice, une petite usine à sourire et à rêver. Là, on joue de tous les matériaux, de tous les objets. On leur offre cette autre vie que, simples témoins d'une consommation destinée au rebut et à l'invisibilité, ils n'accéderaient qu'à l’indifférence ou à l'oubli, si le "connectif KKF" ne s'attachait pas à les transcender, par la magie du geste et de l'imaginaire, en constructions poétiques.
C'est beau ; c'est simple. Et l'évidence surgit de ces métamorphoses, de ces apparitions inattendues, de cette ironie bienveillante qui force le regard et déjoue les attentes de qui se lasse des philosophies approximatives et des engagements de circonstance. Autant dire que « Keskon fabrique » parvient à nous immerger dans son univers sensible et lumineux quand les traces du quotidien, ainsi transformées, nous offrent une autre lisibilité de notre environnement.

C'est ainsi que le hall de l'hôtel Windsor s'illumine de matériaux colorés devenus « fleurs d'amour » et « fleurs du mâle » par des clins d'oeil rieurs, suggestifs et sensuels. Les œuvres rebondissent, jouent, de l'une à l'autre, leur partition subtile dont la légèreté apparente nous accompagne dans un cheminement où la pensée n'est jamais absente et ne cesse d'éclore. Vient alors la révélation poétique,par la présence de cet espace qui n'est pas rupture mais révélateur de ce que nous ne voyons plus.
« Au début était l'émotion ».

KKF nous restitue cet Éden que nous portons, reflet grimaçant de la trivialité et des lourdeurs du monde quand l'art, non sans raison, s'attache si souvent aux cicatrices et aux révoltes.
Pourtant rien de mièvre ici. La beauté surgit de rien, de n'importe quel objet pourvu qu'il soit détourné de son usage et nous apprenne à regarder le monde. Car c'est bien aussi cette mission de l'art, nécessaire et dérisoire, que l’œuvre doit porter. Un sens généreux, toujours fragilisé par la grâce de l'humour, qui nous donne à réfléchir sur le reflet des choses sans âme... Sans âme ? Vraiment ?

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